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IL EST TEMPS DE FAIRE DU FAIR POUR LE PALMIER A HUILE EN RDC !

Palmiers du Centre Nganda, cadre de l'atelier

Palmiers du Centre Nganda, cadre de l’atelier

Le mardi 20 octobre 2015, alors que ma journée de travail tire à sa fin, je suis contacté par Madame Margot Bokanga d’OXFAM NOVIB me disant que son organisation cherche un blogueur consultant pour assurer la couverture d’un atelier important. Je suis évidemment intéressé et je marque mon accord sans hésiter.

L’atelier a lieu huit jours plus tard  i.e. du 28-29 octobre 2015 et les termes de référence que m’envoie Madame Margot renseignent sur son thème:  “Croissance Verte et le Partenariat Gagnant-Gagnant dans le Secteur de l’Huile de Palme : Quelles perspectives pour la RDC? En termes moins savants, l’atelier se propose de dégager des pistes de solution pour un double objectif: une exploitation palmier à huile qui soit plus juste pour les petits cultivateurs de l’Est de la RDC où intervient OXFAM NOVIB, d’une part, et qui tienne compte des enjeux environnementaux, d’autre part. Fort à propos, l’atelier  se tient au Centre Catholique Nganda qui, sans ses différentes salles de réunion et auberge, serait simplement une palmeraie.

L’atelier réunit environ trente six participants constituant un vrai échantillon d’intervenants dans la chaîne de l’huile de palme.

Une vue de la diversité des participants

Une vue de la diversité des participants

Il s’agit notamment des acteurs de la société civile;  fabricants des machines transformatrices pour l’extraction de l’huile de palme;  gestionnaires des coopératives; personnalités du monde scientifique; représentants des quelques bailleurs des fonds et autres organisations non-gouvernementales internationales ainsi que les représentants de certaines entreprises du secteur.

Les trois jours de l’atelier sont pour mon esprit moins agriculteur l’occasion de plonger dans l’univers du vert par le biais du palmier à huile. J’en apprends tellement de choses sur la plante que je commence à saisir son importance stratégique, bien au-delà de son importance culinaire.

Etant congolais, je sais que l’huile de palme extraite de ses graines est un ingrédient essentiel de la cuisine africaine, notamment pour la préparation du succulent poulet à la moambe.

Mais ce que j’ignorais c’est que l’huile de palme c’est de l’or vert: elle peut être utilisée comme un bio-carburant à haut rendement. L’autre produit du palmier est l’huile de palmiste. Elle s’obtient en en broyant les amandes des noix de palme, ce qui génère encore un autre produit,  en l’occurrence les tourteaux pour le bétail. Il faut également noter que cette plante produit le vin de palme, ses feuilles servent à la construction des toitures des huttes et cases et son tronc renferme le chou du palmier très prisé en Afrique et au-delà. Sur le plan industriel, l’huile de palme est un ingrédient essentiel pour la production du savon et différents autres produits cosmétiques.

Je comprends alors pourquoi le palmier à huile est considéré comme l’épine dorsale de l’économie rurale par les cultivateurs artisanaux de l’Est de la RDC.

Mais je ne peux m’empêcher de me poser la question de savoir pourquoi OXFAM NOVIB intervient dans le secteur du palmier à huile en RDC. Madame Joana, responsable de l’institution en RDC, y répond dans son allocution d’ouverture en déclinant les trois objectifs visés par l’intervention de cette organisation néerlandaise:

  • contribuer à une vision stratégique et établir un partenariat gagnant-gagnant pour l’huile de palme ;
  • assurer un développement plus responsable et une exploitation durable de  l’huile de palme ; et
  • lutter contre le changement climatique, qui aggrave la situation déjà précaire due à plusieurs années de conflits en RDC.

En effet, présente en RDC depuis les années 1980, l’organisation néerlandaise justifie d’une expérience de plus de dix ans acquise en Indonésie et en Malaisie dans le domaine du  palmier à huile. Notons que ces deux pays produisent, à eux seuls, plus de 80% de l’huile de palme mondiale.

Face à la forte croissance de la demande sur le marché national et international, la RDC offre des  opportunités certaines pour le développement de grandes plantations de palmier. Le pays se trouve en effet à la croisée  des chemins entre les vagues d’acquisitions des plantations et d’investissements par des entreprises d’huile de palme.

Cependant, l’expansion incontrôlée de la culture industrielle et des projets de monoculture à grande échelle du palmier à huile peut s’avérer catastrophique à deux volets. Premièrement, pour l’environnement, cette exploitation  accélère le changement climatique par une déforestation effrénée.  Deuxièmement, à cause des expropriation des terres, cette exploitation risque d’aggraver les problèmes sociaux et économiques déjà amplifiés par une décennie de conflits armés en RDC.

Raison pour laquelle une tripartite impliquant la société civile, le gouvernement et les entreprises du secteur de l’huile de palme s’avère nécessaire pour assurer un équilibre sain entre exploitation, autonomisation économique et protection de l’environnement. Ce partenariat doit être FAIR (Freedom of choice, Accountability, Improvement of benefits, Respect of rights).

Sous Freedom of choice (liberté de choix), ce partenariat exige plus de justice en matière foncière entre propriétaires des terres et exploitants. Toute acquisition de terre doit faire l’objet d’un libre consentement préalable informé par les propriétaires. Ce qui n’est pas toujours le cas lors de nombreuses expropriations par les exploitants industriels.

Sous Accountability (redevabilité), ce partenariat exige de l’alignement interne, de la transparence et la mise sur pied des mécanismes de résolution des conflits.

Sous Improvement of benefits (meilleurs avantages), ce partenariat exige une création des valeurs partagée, la responsabilité environnementale, la productivité et les investissements dans les infrastructures.

Et sous Respect of rights (respect des droits), le partenariat exige une meilleure prise en compte des droits fonciers, droits en matière d’emploi et l’égalité de chance pour les opportunités disponibles.

Élabores par OXFAM et testés avec succès en Indonésie et en Malaisie, les principes FAIR doivent être contextualisés à la situation de la RDC pour un secteur du palmier à huile plus juste et gagnant-gagnant.

En finançant un projet pilote mis en oeuvre par Centre d’Action Culturel pour le Développement de Kibambu (CACUDEKI) dans la province du Nord Kivu, OXFAM vise précisément à tester l’applicabilité contextualisée des principes FAIR en RDC. Une expansion à l’échelle permettra au pays de graduellement se repositionner sur l’échiquier mondial du palmier à huile où jadis il occupait le rang de premier producteur mondial de l’huile de palme, avant de dégringoler à la quatorzième position qu’il occupe aujourd’hui dans le secteur.

L’intervention d’OXFAM et une application intelligente des principes FAIR feront du palmier à huile une plante miracle pour l’économie verte en RDC.

Et l’exemple du palmier pourrait inspirer des interventions similaires dans le secteur d’autres plantes stratégiques dont regorge le pays.

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